Une culture d’une rare finesse
En quelques mots, tout est dit ? Oui et non, car ce titre n’est qu’une accroche prometteuse pour un parcours d’une grande qualité qui a le mérite d’extraire cette culture d’une rare finesse, riche et profonde, lourde de références et de mythes, du carcan goth dans lequel on prétend l’enfermer. Il n’est que de contempler La Mort et le fossoyeur de Carlos Schwabe, irradiée d’un vert phosphorescent et diabolique, revenue d’outre tombe avec ses ailes en forme de faux, pour comprendre qu’on côtoie l’aristocratie du genre, ses très hautes autorités, ses racines les plus puissantes : le romantique Füssli et ses visages torturés au regard écarquillé d’horreur et de folie répond aux têtes de Méduse symbolistes, Goya entre lévitation de sorcières et corps démembrés dialogue avec les paysages ravagés et furieux de Friedrich, les hallucinations de Blake et de son dragon anticipent la folie dépecée des surréalistes.